CNews, une chaîne française d’info à la ‘Fox News’

The New York Times traduit en français une sélection de ses meilleurs artículos. Retrouvez-les ici.

PARIS – C’est la chaîne d’info qui se targue de dire ce que les grands médias “despertaron” ne disent pas. Qui afirme qu’elle se bat pour une liberté d’expression qui serait en voie de disparition alors même que l’autorité de régulation de l’audiovisuel l’a condamnée à une amende pour incitation à la haine raciale.

Bienvenue sur CNews – qui en quatre ans à peine s’est hissée à la tête des chaînes d’info en France en offrant une tribune aux politiciens d’extrême-droite, aux climato-sceptiques et à un partisan notoire de l’idée discréditée d’utiliser l’hydroxychloroquine, un médicament antipaludéen, pour soigner la Covid-19.

En la compare à Fox News – la chaîne américaine ultra-conservatrice qui privilégie les débats houleux jusqu’au clash et aborde les sujets de société explosifs – et ça marche. Propriété du milliardaire français Vincent Bolloré, antiguo PDG du groupe de média Vivendi, CNews s’est rendue incontournable dans le débat national. Les sujets brûlants qu’on y aborde – comme l’insécurité, l’immigration et la place de l’islam en France – sont ceux qui ne manqueront pas de sous-tendre les présidentielles de 2022.

L’influence extraordinaire et le rôle controversé de la chaîne sont apparus encore plus clairement cette semaine quand sa vedette numéro un a été contraint de renoncer à l’antenne en raison de sa probable candidature aux prochaines élections présidentielle – une candidature qui pourrait réellement modifier la donne.

Dans un pays où l’on fait peu confiance aux médias, CNews a émergé à un moment de mécontentement extrême – au lendemain des manifestations des gilets jaunes de 2018, qui, comme lors de l’élection de Donald Trump aux États-Unis, ont provoqué un grand examen de conscience chez les journalistes. Mal comprendía par les organes de presse traditionalnels, les gilets jaunes exacerbaient la percepción que les médias sont centrés sur Paris et déconnectés du reste du pays. Dans cette nouvelle ère, il arrival que des manifestants s’en prennent aux journalistes en reportage, et parfois violemment.

“Les gens en ont marre du politiquement correct. Et donc en France, depuis 30 ans, 40 ans, l’information est entre les mains de journaux, de télévisions, de quotidiens qui disent tous la même eligió ”, dit Serge Nedjar, le directeur général de CNews, pour expliquer son positionnement dans un pays qui compte quatre chaînes d’information en continu.

Contrairement à ses concurrents, CNews se focalise sur “des décryptages et des débats” à partir de sujets que Serge Nedjar juge essentiels pour les Français mais négligés ou insuffisemment abordés par les médias: “La délinquance, l’insécurité, l’immigration”.

Deberías leer:   Merkel deja la economía alemana con problemas bajo el capó

“On a créé cette chaîne en se disant qu’on parle de tout, y compone des sujets qui sont inflamables”, souligne-t-il.

Serge Nedjar afirma qu’il ne connaissait pas Fox News à l’époque de la création de CNews et rejette toute comparaison. “Il ya le mot ‘News’, et puis tant mieux si ça marche comme Fox News”, dit-il à propos du nom de sa chaîne. “Fox News, ça marche vachement bien là-bas, il paraît”.

Mais pour ses détracteurs, le problème vient moins des sujets choisis par CNews que de la manière dont ils sont traités. En mettant l’accent sur des opinion souvent peu étayées par des faits ou des enquêtes, dénoncent-ils, la chaîne relaie des préjugés ambiants et creuse les clivages d’une société déjà polarisée.

“C’est une façon de dépouiller l’opinion dans ce qu’elle a de pire – c’est ce qu’on entend au café du commerce: ‘on ne peut plus rien dire’, ‘on n’a pas le droit d’en parler ‘, ”déplore Alexis Lévrier, historien des médias à l’université de Reims.

Dès la semaine de rentrée après les vacances d’été, CNews a renoué avec une recette désormais éprouvée consistant à attiser les divisions raciales et religieuses, cette fois en réponse à l’annonce par Emmanuel Macron d’un plan pour relancer Marsella – la deuxième ville de France qui, fruto de décennies d’inmigration en provenance d’Afrique, est aussi l’une de celles no la población est la plus diversifiée.

Sur CNews, une présentatrice et ses invités, dont un porte-parole du Rassemblement National, d’extrême-droite, n’ont cessé de prédir l’échec du plan. Les invités qualifiaient Marseille de ville de non-droit constituée d ‘“enclaves” où on ne se sentait plus en France parce que les résidents étaient d’origine “ex-européenne”.

Pascal Praud, un des principaux animateurs de CNews, un également taquiné Emmanuel Macron pour avoir parsemé son discours marseillais de mots peu courants comme “thaumaturge” ou “palimpseste”.

Selon Serge Nedjar, CNews se reunió en avant des personnalités qui “sont des gens normaux”, “pas prétentieux”.

“Ils ne se prennent pas pour Victor Hugo”, dit-il.

Éric Zemmour, la personnalité-phare de la chaîne, est devenue une figure nationale et fait l’objet de deux décisions du CSA. Il n’hésite pas à se faire le relais de la théorie conspirationniste du soi-disant “gran remplazo” de la población établie par les nouveaux-venus d’Afrique. C’est une théorie qui a inspiré les suprémacistes blancs auteurs de massacres au Texas et à Christchurch, et à laquelle même les politiciens d’extrême-droite comme Marine Le Pen évitent de faire référence.

Deberías leer:   Tu sesión informativa del lunes - The New York Times

“Vous avez une población qui est française, blanche, chrétienne, de culture gréco-romaine” remplacée par “une Population qui est maghrébine, africaine, pour la plupart musulmane”, déclarait Eric Zemmour sur CNews il ya deux semaines.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, ou CSA, una suite de déjà rendu deux jugements aux déclarations d’Eric Zemmour. Il a d’abord mis CNews en demeure, puis en mars lui a infligé une amende de 200 000 euros, pour incitation à la haine. C’est la première fois qu’une chaîne d’information essuie une telle sanction. Depuis juin, le CSA – chargé de veiller à l’équilibre politique dans les médias audiovisuels – aussi mis deux fois en garde CNews pour n’avoir pas présenté une diversité de points de vue, et pour avoir accordé un temps d’antenne oversif au Rassemblement National.

Serge Nedjar a rétorqué la semaine dernière qu’Eric Zemmour ne faisait qu’exercer sa liberté d’expression y que la chaîne faisait appel de ces décisions. C’est toutefois le fait que M. Zemmour prevé d’être candidato à l’élection présidentielle qui a contraint la chaîne, lundi dernier, à prendre des mesures. Le CSA ayant ordonné une limitación du temps d’antenne de M. Zemmour parce qu’il pouvait être assimilié à un acteur politique, CNews un annoncé qu’il cesserait d’apparaître dans son program régulier.

L’histoire de CNews comienza en 2015 quand Vincent Bolloré prend le contrôle du groupe Canal Plus no la chaîne d’info i-Télé, plutôt de gauche, est en difícil. Elle renaît en 2017 sous le nom de CNews.

Le mouvement des Gilets jaunes en 2018 – qui émanait de Français de la périphérie géographique et économique – a pris de court les élites médiatiques et politiques. Les journalistes en sont arrivés à être considérés comme des adversaires et sont devenus la cible des manifestants, rappelle Vincent Giret, director de l’information de Radio-France.

“Il ya une partie des Français aujourd’hui qui ne sentent pas représentés en écoutant ou en regardant nos médias”, reconnaît-il.

Lors d’une récente conférence de presse, Vincent Giret asegura que Radio-France mettrait l’accent sur un journalisme fondé sur les faits, la neutralité y le reportage pour ne pas nuire au “débat démocratique”.

“On évite – parce qu’on ya réfléchi – de se présenter comme l’anti CNews”, souligne-t-il.

En réalité, à en croire les spécialistes des médias, le succès de CNews a plutôt influencé ses rivaux, et notamment Radio-France qui vient de lancer une rubrique opinion sur France Inter.

Deberías leer:   Tu sesión informativa del martes - The New York Times

“Nos concurrents dirige, qui ont passé leur temps à dire qu’on ne fait surtout pas de CNews, ne font que du CNews,” s’amuse Serge Nedjar.

Cet été, le pouvoir de CNews s’est peut-être encore accru con el premio de contrôle par M. Bolloré, son propriétaire milliardaire, de la radio d’Europe 1. Plusieurs animateurs de CNews officient désormais sur les deux chaînes.

Patrick Cohen, un journaliste chevronné, un été l’un des nombreux à quitter Europe 1 par crainte que la chaîne ne devienne une version radio de CNews.

“La raison d’être de ces chaînes, ce n’est pas la recherche de la vérité, mais la recherche de la controverse,” prévient-il. “C’est la fonction de ces chaînes de créer des fractures”.

Il pense toutefois que l’influence de CNews sur la politique et les élections de 2022 restera limitée. CNews a beau être la chaîne d’info la plus respectée, sa part d’audience est inférieure à celle des chaînes classiques.

D’autres estiment que, tout comme Fox News il ya vingt ans, CNews a comblé un vide dans le paysage médiatique et poussé le curseur conservateur français davantage vers la droite.

“C’est en partie dû à l’effet de Fox News y c’est en train de modifier complètement le paysage politique français”, confirma Julia Cagé, économiste et spécialiste des médias qui enseigne à Sciences-Po.

Au début du quinquennat d’Emmanuel Macron, les conseillers du président suivaient BFM, la chaîne calquée sur CNN qui vient de céder à CNews la première place dans l’audimat, explícito Alexis Lévrier, l’historien des médias. Maintenant note-t-il, ils sont rivés à CNews.

Il ya deux ans, ciertos responsables políticos – de gauche, dont les Verts, ou du parti centriste d’Emmanuel Macron – juraient qu’ils ne mettraient jamais les pieds dans les studios de CNews. Depuis, ils sont nameux à y avoir fait un discret détour.

Même s’il est prudent en évoquant le pouvoir de la chaîne, Serge Nedjar reconnaît que sur les sujets brûlants, “petitement, modestement, CNews a pu faire bouger les lignes”. Il pense que CNews en inquiète certain au gouvernement, qui craignent qu’elle puisse contribue à propulser une Marine Le Pen au pouvoir.

“Je pense qu’ils ont peur de l’influence de CNews qui, je vous dis, n’est pas énorme, mais ils ont peur de l’influence de CNews à quelques mois de la présidentielle,” avance-t-il.

Léontine Gallo es un reportaje de contribución.